Toi, le plus beau des changements de plan

Récit de Naissance par A. et R.

Notre histoire commence bien avant ta naissance… Elle commence par la rencontre de ton papa et moi. Cela ne faisait que peu de temps que ton papa et moi étions ensemble quand la vie nous a offert la plus belle des surprises : toi. Tu t’es invité dans nos vies comme un petit rayon de soleil imprévu.

Je me souviens encore du moment où j’ai vu le petit plus — un mélange de panique et d’émotion m’a envahie. Tu avais déjà deux grandes sœurs, et une maman qui avait la tête pleine de projets. Mais très vite, cette
panique s’est transformée en une immense joie, un bonheur doux et profond.


Tu es mon troisième enfant, mais le premier de ton papa. Dès le début, on a su que ta venue allait compléter notre famille et renforcer encore davantage les liens qui nous unissent. Et au fond de mon cœur, je savais déjà que ton papa serait un papa merveilleux, parce qu’il était déjà un beau-papa extraordinaire.


La grossesse s’est déroulée tout en douceur (bon, avec une bonne dose de fatigue quand même !). Entendre ton petit cœur battre pour la première fois, sentir tes coups dans mon ventre… c’est à ce moment-là que tout est devenu bien réel. Tu grandissais tranquillement, et nous, on t’attendait avec amour et impatience.


Vers la 37e semaine, j’ai cru que le grand moment approchait. Ton papa et moi étions prêts : le sac dans l’entrée et on s’était même couchés tôt… mais non, fausse alerte ! Et ce ne fut pas la dernière. Plusieurs fois, j’ai cru que c’était le moment — des contractions, puis tout s’arrêtait. Un soir, on est même sortis au restaurant malgré les
contractions tellement on se disait que c’était ENCORE une fausse alerte. Effectivement, ce n’était pas cette journée-là.


Et puis, le vrai moment est arrivé… tout doucement, un soir tranquille. On avait fait une petite marche en fin d’après-midi pour aider à stimuler les contractions qui étaient présentes, mais sans plus, comme à l’habitude. L’heure du souper arrive, ton papa nous cuisine un beau repas. Je ne me rappelle plus trop ce qu’on devait manger, mais je me rappelle avoir vu beaucoup de chaudrons et ton papa bien motivé. J’ai senti
quelques contractions, sans trop y croire. Je me rappelle lui avoir dit : « Je vais juste manger un bol de céréales avant ma douche, j’ai trop faim pour attendre ! » Et lui de répondre : « Le souper est presque prêt ! » Finalement, je décide d’être patiente et je saute dans la douche… et c’est là que tout a commencé ! J’ai regretté de ne pas avoir mangé ce bol de céréales, haha !


D’un coup, les contractions se sont installées, puissantes et rapprochées. Ton papa, en plein milieu de la préparation du souper, a tout éteint et s’est mis à courir comme jamais dans la maison pour préparer le sac tout en m’aidant à m’habiller. Un appel à la sage-femme, un autre à ta tante, et nous voilà partis. Un changement de plan pour la soirée très rapidement, légèrement stressant !


À la maison de naissance, on est arrivés puis j’ai demandé d’aller dans le bain pour m’aider à me détendre. Les contractions étaient très fortes et rapprochées, sans répit. J’essayais mes techniques d’hypnonaissance, je faisais des sons graves pour garder le contrôle. Ton papa était là, ma main dans la sienne, toujours présent, rassurant, attentif. Ta tante me préparait des débarbouillettes froides et chaudes, elle pensait à tout. Ton papa avait mis de la musique d’ambiance, mais je n’ai aucun souvenir de ça !


Je suis sortie du bain car je ne me sentais plus du tout soulagée. Les contractions étaient fortes, intenses, et j’ai demandé à essayer le gaz hilarant. Ça m’a beaucoup aidée et donné le courage de continuer, une contraction à la fois. Je me rappelle avoir été un peu étourdie et j’avais besoin d’aide pour les déplacements.


Et puis, soudain, j’ai senti ta tête descendre. Déjà ! On venait tout juste de me dire que j’étais à 5 cm — mais comme à l’accouchement de ta sœur, je suis passée de 5 à 10 cm très très vite. Je me suis mise à quatre pattes dans le lit, décidée à t’aider à sortir avec l’aide de la gravité. Je voulais te rencontrer, et vite ! C’était intense, ce moment…


Moins de dix minutes de poussées… et te voilà.


Tu es né, mon amour.


Un moment suspendu, rempli d’émotion et d’émerveillement. Ton papa rayonnait, si fier et ému. Moi, je n’en revenais pas de t’avoir enfin dans mes bras, toi qui étais là, tout contre moi, après seulement 3 heures et 20 minutes depuis la première contraction dans la douche à la maison. Quelle soirée intense ! On est même retournés dormir — sans vraiment dormir — à la maison cette même nuit-là. Tes sœurs t’ont rencontré avec
des étoiles dans les yeux et tellement d’amour pour la toute première fois au retour de l’école, moins de 24 h après ta naissance.


Tu es arrivé, et soudain tout a pris son sens. Tout s’est placé naturellement, comme si tu devais être là depuis toujours. Quel privilège de t’avoir porté, mis au monde etmaintenant, de t’aimer pour la vie.

Je t’aime, mon fils !

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